Sommentier

Perché sur les hauteurs, Sommentier au nom évocateur de calme et de paix, n’a jamais rien connu qui puisse troubler son ciel serein ! Tout le monde avait l’âme paysanne : il n’y avait ni bistrot, ni usine, pas d’artisan sinon un petit cordonnier, Alfred Rouiller à Pape qui habitait la Tourbière.

Le centre du village et ses quartiers – la Tourbière, Pra Motta – abritaient les familles qu’on dénommait ainsi : Ceux aux Genges, Ceux aux Fiots, Ceux de la Condémine, Ceux aux Golay, Ceux des Carrys, Ceux des Planches. Ainsi appelait-on les gens. Les Castella et les Rouiller de diverses souches formaient la majorité de la communauté ; il y avait encore à l’époque des Lagger, des Menoud, des Aubry, des Dumas. En 1934, l’abbé Dewarrat devint le premier curé de la nouvelle paroisse de Sommentier détachée de Vuisternens. Il a dû avoir la tâche facile car, à l’époque, nul n’était plus vénéré ni plus respecté que le curé.

Puis, il y avait le régent qui régnait sur la jeune génération mâle, c’était Monsieur Bugnon. Il cumulait les fonctions d’instituteur, de directeur de chant et d’organiste ; pour être exact, c’était plutôt de l’harmonium qu’il jouait. Il jouissait d’un certain prestige.

Dans son ombre, venait la maîtresse. Elle instruisait toutes les filles du village de sept à quinze ans. Ça n’était pas une sinécure de tenir en mains fermes une quarantaine d’élèves de tous les degrés. A cette époque, le temps de la scolarité des filles était réduit d’une année par rapport aux garçons. Quelle injustice ! Avionsnous donc moins besoin d’instruction ? Heureusement, le droit de vote qu’on nous a accordé en 1971 nous a réhabilitées, les outrages faits à notre condition féminine ont été réparés.

Parmi les gens importants du village, n’oublions pas Joseph des Planches, notre sacristain qui, chaque dimanche depuis 1934, s’est occupé de l’église, fleurissant le maître-autel de fleurs de son jardin. Il n’a guère dû manquer d’offices, toujours présent au choeur, à chaque fête, mariage, enterrement ou baptême.

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