Nos chats

J’adorais les chats tant et si bien que cela me fâchait à la leçon de lecture quand on déclamait : «Le chien est fidèle mais le chat est traître.» Il ne les aimait pas celui qui avait écrit cela ! Vous souvenez-vous de Mistigris, notre vieille chatte grise cendrée, à moitié angora. Elle avait dû avoir un ancêtre persan : elle avait de cette race la noblesse et la fierté. Pas question de caresses avec elle ! Elle fut certes l’aïeule de tous les chats de la maison. Ils fusaient de partout, des jaunes, des noirs, des tricolores. Mistigris était si veille qu’elle était devenue complètement édentée. Un jour, on ne la vit plus paraître dans la maison. Elle avait dû se cacher pour mourir quelque part, à moins qu’elle ne fît les délices de quelque renard affamé. Pour nous, petits, cette disparition soudaine nous fit moins de peine qu’une lente agonie sous nos yeux.

On avait aussi un gros matou noir, si gros et si flegmatique qu’on en faisait ce qu’on voulait. Ayant déniché un jour une caissette, je lui en fis une couchette et Thérèse l’y couchai comme s’il avait été une poupée. M’étant absentée une demi-heure, quelle ne fut pas ma surprise de le trouver tel que je l’avais mis, dormant paisiblement et rêvant peut-être à ses conquêtes d’août.

Qui se souvient de cette nichée de petits chats jaunes trouvée dans le foin ! C’étaient les premiers chats jaunes que nous ayons eus et moi je les avais vus roses ! On eut beaucoup de peine à me convaincre qu’ils étaient jaunes. Ah ! ces chats, quels beaux jouets ils étaient pour nous !

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