La trompette de papa

Papa possédait une vieille trompette toute cabossée. Il y tenait comme à la prunelle de ses yeux. Chaque soir, il nous jouait la sérénade tout en surveillant les vaches à l’abreuvoir. Très souvent, nous étions réveillés le matin par les sons de sa trompette. Il jouait facilement derrière la maison, c’était sans doute pour jouir de l’écho qui lui répondait du bois de Morlens. Seule Folette se mettait à pleurer, on disait que la musique lui faisait mal aux dents.

Papa avait donc bon souffle, maintenu par ses exercices de trompette peut-être. Le jour de ses soixante ans, il était monté de Vuisternens à Sommentier sans quitter la selle de son vélo… et les chemins n’étaient pas goudronnés à l’époque. Pour nous enfants, c’était un exploit.

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